Lettre à la passante de la ruelle des martyrs

Écrire pour d’autres, c’est aussi apprendre à se glisser dans des costumes qui ne sont pas les nôtres. Exercice de style, jeu un peu grisant ! 

En voici un exemple avec cette lettre fictive, en forme de poème galant, écrite par un homme à une inconnue croisée un soir d’hiver.

Madame,
Vous qui passiez hier par la ruelle des martyrs,
Dans la pénombre du soir qui s’avance.
Vous qui passiez
Sur le pavé encore luisant
De la pluie de la journée
À l’heure où chacun retrouve son foyer.

Madame,
Vos talons claquent encore dans ma pauvre tête
Où se claquemurent des souvenirs de vous.
Ce parfum aux effluves d’Orient !
Ce regard profond comme un océan !
Ce foulard accroché à votre cou délicat !
Ah ! Comme il m’aurait plu d’être là 
Et frôler le satin de votre peau d'albâtre !

Madame,
Vos talons claquent dans ma tête
Où tant d’images s’entremêlent.
L'arrondi joyeux de vos joues
Et ce grain de beauté dans votre décolleté,
Cette cheville dévoilée par vos jupons dissipés
Et vos seins en embuscade dans ce corsage
Derrière un boutonnage bien peu sage.

Madame,
Je suis au supplice 
Depuis que je pense à vous, À votre sourire si doux Dissipant ce rideau de brume Dont l’hiver habille nos soirées.

Madame,
Je suis au désespoir
Depuis hier soir, Impatient de finir mon office Pour mieux courir jusqu’à la ruelle des martyrs Espérant vous y croiser Encore !

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